GABON : LE SCANDALE DU SIÈCLE ! 10 MILLIARDS VOLÉS, DES CITOYENS DÉPOUILLÉS ET LE PRÉSIDENT TRAHI PAR SON MINISTRE

L’arrestation de Pascal Ogowé Siffon par les services du B2, le mardi 16 décembre 2025, agit comme un séisme de forte magnitude sur l’échiquier politique gabonais. Derrière les murs épais de la DGCISM, l’ancien ministre du Tourisme doit désormais répondre d’un dossier tentaculaire où se mêlent spoliation privée, harcèlement d’investisseurs et détournement massif de deniers publics. Mais alors que l’on pensait l’enquête centrée sur un seul homme, les révélations de ces dernières heures pointent vers une complicité interne structurelle au sein du ministère.

L’interpellation : Une fin de parcours brutale

L’image est forte, quelques heures seulement après avoir remis sa démission au Palais de la Rénovation, Pascal Ogowé Siffon a vu son convoi intercepté. Sous surveillance étroite depuis plusieurs semaines, l’ancien membre du gouvernement est aujourd’hui au cœur d’un gouffre financier évalué à plus de 10 milliards de francs CFA.

Ces fonds, provenant des dividendes d’établissements hôteliers et des Provisions pour Investissements Diversifiés (PID), ont été siphonnés alors qu’ils devaient servir à la relance touristique nationale. Mais le volet le plus sombre de l’enquête concerne ses méthodes de « faussaire » pour dépouiller des particuliers.

Des comptes privés vidés sans cadre légal

L’enquête révèle un système de prédation inédit. Agissant en dehors de tout cadre légal, l’ex-ministre est accusé d’avoir vidé les comptes bancaires de plusieurs honnêtes citoyens. Son mode opératoire était simple mais brutal. Il justifiait ces saisies arbitraires en prétendant que ces citoyens « devaient de l’argent à l’État », sans jamais fournir de preuve juridique ni rendre compte au Chef de l’État.

« Plusieurs centaines de millions de francs CFA ont ainsi été volés directement sur des comptes privés », confie une source proche du dossier. Parmi les victimes, on compte également des investisseurs chinois évoluant dans le secteur de l’hôtellerie. Ces derniers se sont plaints officiellement de harcèlements répétés et de tentatives d’extorsion de la part de l’ancien ministre, décrit comme un homme « mouillé dans les affaires de gros sous » qui n’hésitait pas à étouffer ceux qui refusaient de coopérer.

Le mandat de dépôt : Direction « Sans-Famille »

Après plusieurs jours d’interrogatoires musclés, le couperet est tombé. Le lundi 22 décembre 2025, Pascal Ogowé Siffon a été officiellement placé sous mandat de dépôt. L’ancien membre influent du gouvernement a passé sa première nuit à la prison centrale de Libreville, où il séjourne désormais. Cette incarcération immédiate marque un tournant décisif. Le temps de l’impunité est révolu.

Cependant, avant de rejoindre sa cellule, Siffon a décidé de briser le silence. Lors de ses auditions au B2 et devant le tribunal de Libreville, il a multiplié les déclarations fracassantes, affirmant qu’il n’avait pas agi seul.

La complicité accablante de Liliane Nadège Ngari

C’est ici que l’enquête prend une dimension systémique. Pascal Ogowé Siffon a abondamment cité l’intouchable et l’indéboulonnable Liliane Nadège Ngari, épouse Onanga Y’Obegue, actuelle Secrétaire Générale du Ministère du Tourisme, comme étant sa complice directe dans les détournements tous azimuts.

La complicité de la Secrétaire Générale semble, selon les premiers éléments, être le rouage indispensable de cette machine à voler. Au Gabon, le Secrétaire Général est la « mémoire » administrative d’un ministère, celui qui ordonne les flux et valide la conformité des dossiers. Sans l’aval de Liliane Ngari, comment 10 milliards de francs CFA ont-ils pu s’évaporer sans déclencher d’alerte interne ? Les accusations portées contre elle sont extrêmement graves :

– Ingénierie financière illicite : Elle est soupçonnée d’avoir mis en place les circuits permettant de détourner les dividendes hôteliers vers des comptes satellites.

– Validation de rapports fallacieux : Elle aurait apposé son sceau de crédibilité sur les documents ayant servi à tromper le Président de la Transition dans l’affaire de l’hôtel ONOMO.

– Abus de confiance administratif : En utilisant ses prérogatives de Secrétaire Générale, elle aurait couvert les agissements du ministre Siffon, rendant toute contestation interne impossible pour les agents du ministère.

Le lundi 22 décembre 2025, une confrontation a eu lieu entre Liliane Ngari et Pascal Ogowé Siffon. Des sources judiciaires rapportent que l’ex-ministre l’aurait directement mise face à ses responsabilités, refusant de porter seul le chapeau d’un système qu’ils auraient piloté de concert.

L’affaire ONOMO : Le mensonge qui a ébranlé la Présidence

C’est sans doute le volet le plus politique. Pascal Ogowé Siffon et sa complice présumée sont accusés d’avoir sciemment induit en erreur le Président de la Transition, Brice Clotaire Oligui Nguema, dans le dossier de l’hôtel ONOMO.

Siffon et Ngari auraient produit des rapports biaisés pour faire croire à une propriété publique de l’établissement, dans l’unique but de créer un cadre factice justifiant des décaissements massifs. En trahissant la confiance du Chef de l’État pour masquer leurs transactions illicites, ils ont mis en péril la crédibilité de l’action gouvernementale.

La rue gronde : « Plus rien ne sera comme avant »

À Libreville, Port-Gentil comme à Franceville, l’indignation populaire a atteint un point de non-retour. Les citoyens, las de voir les richesses s’évaporer, demandent une refonte totale de l’éthique publique. « C’est un coup de poignard dans le dos du peuple », s’insurge Armand Békalé, syndicaliste. « Un homme et une haute responsable se permettent de jouer avec des milliards, de harceler des partenaires étrangers et de voler des particuliers. Le ménage ne doit pas s’arrêter à Siffon. »

Mardi 23 décembre : Le suspense au Palais de Justice

Ce 23 décembre, l’attention est braquée sur le Palais de Justice de Libreville. Dame Liliane Ngari a encore été convoquée au tribunal. Jusqu’au moment où nous écrivons ces lignes, elle est toujours entendue par les magistrats. La question qui brûle toutes les lèvres à Libreville est simple. Sera-t-elle, elle aussi, placée sous mandat de dépôt ?

En tout cas, la famille Ngari retient son souffle. Le nom des Ngari, puissant et respecté, est désormais associé à l’un des plus grands scandales financiers de la République. Dame Liliane Nadège Ngari sera-t-elle la première personnalité de Ngouoni à aller en prison sous l’ère du président Brice Clotaire Oligui-Nguéma ? Si les informations de complicité sont confirmées, elle doit répondre de ses actes devant les tribunaux, car aucun nom, aussi prestigieux soit-il, ne doit être au-dessus des lois de la République.

Un test de crédibilité pour le pouvoir exécutif

Le Président Brice Clotaire Oligui Nguema se retrouve face à un défi historique. L’arrestation de son ancien ministre et la mise en cause de sa Secrétaire Générale sont des signaux forts. Les détournements « tous azimuts » suggèrent l’existence d’un réseau de complicités qui doit être démantelé jusqu’au dernier maillon.

L’affaire Siffon-Ngari est-elle le premier acte d’une purge nécessaire ou un simple sacrifice ? Pour l’heure, le B2 poursuit ses auditions. Le peuple, lui, attend que chaque franc détourné soit restitué et que la moralité redevienne la boussole du Gabon. La justice a désormais une occasion unique de prouver qu’elle n’est plus un outil au service des puissants, mais le bouclier des citoyens.

Mari-Fernand AKPOVI