Le 24 mars 2024, le Sénégal ouvrait un nouveau chapitre de son histoire démocratique. Deux ans après l’élection de Bassirou Diomaye Faye, porté par la vision d’Ousmane Sonko, le pays navigue entre réformes structurelles audacieuses et gestion d’un héritage économique complexe.
L’épreuve du pouvoir et l’impulsion de la rupture
Arrivé au sommet de l’État avec une promesse de rupture systémique, le duo exécutif a rapidement dû confronter ses ambitions à la réalité des chiffres. La jeunesse, moteur de la victoire de 2024 dans un pays où 75 % de la population a moins de 35 ans, demeure au cœur des préoccupations gouvernementales. Si les campus universitaires, notamment l’UCAD, ont connu des moments de contestation liés au paiement des bourses, le gouvernement multiplie les efforts pour stabiliser le secteur social malgré une marge de manœuvre budgétaire étroite.
Le politologue Moussa Diaw souligne que, bien que la vie reste chère, des mesures concrètes ont été prises pour alléger le panier de la ménagère via la baisse ciblée des prix de produits de première nécessité.
Redressement économique : la quête de souveraineté
L’un des chantiers majeurs de ces 24 derniers mois a été l’audit des finances publiques. À la suite de la découverte d’une dette publique estimée à 132 % du PIB fin 2024, les autorités ont entrepris une réorganisation stratégique.
Plutôt que de s’en tenir aux schémas classiques d’ajustement, le Sénégal a diversifié ses partenariats financiers, se tournant notamment vers les pays du Golfe pour mobiliser des ressources tout en préservant son autonomie de décision. Parallèlement, une nouvelle politique fiscale a été mise en œuvre pour accroître les recettes internes, ciblant les secteurs du luxe et les flux numériques, afin de financer le développement sans peser davantage sur les populations les plus vulnérables.
Une nouvelle ère de gouvernance
Le bilan des deux premières années est marqué par une accélération sans précédent de la lutte contre la corruption. L’activation du Pool judiciaire financier en août 2024 symbolise cette volonté de transparence. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 300 dossiers traités et 15 milliards de FCFA recouvrés.
« Nous observons une gestion plus rationnelle des ressources et un frein net au clientélisme politique », analyse Moussa Diaw.
Cette rigueur a porté ses fruits sur la scène internationale : en octobre 2024, le Sénégal sortait de la « liste grise » du GAFI, retrouvant une crédibilité renforcée auprès des investisseurs internationaux en matière de lutte contre le blanchiment d’argent.
Un paysage politique en mutation
Sur le plan politique, l’organisation de l’État s’articule autour de deux piliers complémentaires. Tandis que le Premier ministre Ousmane Sonko consolide les bases du Pastef en vue des futurs congrès et élections locales, le Président Diomaye Faye assure la cohésion de la coalition « Diomaye Président ». Cette dualité permet une présence sur tous les fronts, de la gestion administrative rigoureuse à la mobilisation populaire.
Le défi pour les années à venir sera de maintenir cette synergie face aux enjeux sécuritaires régionaux et aux négociations avec les institutions internationales. Le gouvernement semble déterminé à privilégier l’intérêt national, quitte à renégocier les termes de sa collaboration avec les bailleurs de fonds traditionnels.
Évolutions sociétales
Enfin, le cadre législatif continue d’évoluer. Le 11 mars dernier, l’Assemblée nationale a voté le renforcement des sanctions pénales relatives aux « actes contre nature ». Cette décision, bien que commentée à l’international, est présentée par les autorités comme une réponse aux attentes de la société sénégalaise et à la préservation des valeurs culturelles du pays.
Alors que l’horizon 2029 se profile doucement, le Sénégal de Diomaye Faye et Ousmane Sonko continue sa marche vers une transformation profonde, portée par une volonté de souveraineté assumée.










