À l’approche du quart de finale de la Coupe du monde entre la France et le Maroc, les Marocains de France vivent un véritable dilemme identitaire. Entre attachement au pays d’accueil et amour du pays d’origine, nombreux sont ceux qui reconnaissent que, malgré leur double culture, leur cœur bat avant tout pour les Lions de l’Atlas.
Le quart de finale de la Coupe du monde entre le Maroc et la France ne suscite pas seulement une immense attente sportive. Pour une grande partie de la diaspora marocaine installée en France, cette affiche représente aussi un profond tiraillement émotionnel, entre le pays où ils vivent et celui de leurs racines.
Les médias français ont recueilli plusieurs témoignages de Franco-Marocains, décrivant cette rencontre comme bien plus qu’un simple match de football. Beaucoup évoquent un véritable conflit intérieur, comparant le choix entre les deux sélections à celui de devoir choisir « entre son père et sa mère ». Ils revendiquent leur attachement aux deux pays, refusant de renier l’un au profit de l’autre.
Parmi les personnalités interrogées figure l’humoriste franco-marocain Jamel Debbouze. Invité sur une émission de la chaîne BFMTV, il a été interrogé par la chanteuse Louane sur son soutien pour cette rencontre. Gêné par cette question, l’artiste, qui possède les nationalités française et marocaine, a préféré ne pas trancher.
Jamel Debbouze a expliqué qu’il espérait voir les deux équipes poursuivre leur parcours le plus loin possible dans la compétition. Selon lui, la France comme le Maroc ont les qualités nécessaires pour atteindre la finale. Son souhait le plus cher reste même une finale opposant les deux sélections, qu’il considère comme un scénario idéal. Lors de la demi-finale du Mondial 2022, il s’était déjà illustré en portant un maillot réunissant les couleurs des deux pays.
Pour d’autres membres de la communauté marocaine en France, le choix est toutefois beaucoup plus clair.
Souleiman Saadlaoui, chauffeur routier marocain installé en France, affirme que les émotions ressenties après une victoire des Lions de l’Atlas ne peuvent être comparées à celles suscitées par un succès des Bleus. Il raconte avoir emporté un drapeau marocain dans son camion afin de le hisser en cas de victoire du Maroc, symbole de sa fierté envers son pays d’origine.
Selon lui, le sentiment d’appartenance dépend largement de l’éducation transmise au sein des familles. Les jeunes binationaux ayant grandi dans des foyers où les parents ont entretenu un fort lien avec le Maroc développent naturellement un attachement profond au Royaume, malgré leur nationalité française.

Le chauffeur regrette néanmoins que cette confrontation intervienne dès les quarts de finale. Il aurait préféré voir les deux nations se retrouver en finale, afin d’éviter qu’une des deux équipes ne soit éliminée aussi tôt.
Même son de cloche du côté de Mouna Bennani, présidente de l’association franco-marocaine Asli, qui souligne que la communauté marocaine de France se rassemble régulièrement à la Maison du Maroc ou dans différents lieux de rencontre pour suivre les matchs de la sélection nationale.
Elle assure que, malgré l’affection portée à la France, où vivent de nombreux Marocains depuis plusieurs générations, le soutien ira sans hésitation aux Lions de l’Atlas. Elle estime que l’ensemble de la diaspora marocaine encouragera le Maroc, tout en espérant que la passion sportive ne dépasse pas le cadre du fair-play.
Mouna Bennani explique également que les excellents résultats obtenus par la sélection marocaine ces dernières semaines ont renforcé l’enthousiasme de la diaspora. Elle cite notamment les impressionnantes démonstrations de soutien observées au Canada et à New York, où les drapeaux marocains ont largement dominé les célébrations après les victoires des Lions.
Pour la responsable associative, la mobilisation sera tout aussi forte, voire plus importante encore, en France. Elle se montre confiante et espère voir les hommes de Mohamed Ouahbi poursuivre leur parcours historique en décrochant une qualification pour les demi-finales.










